Le Nouveau centre veut effacer son "péché originel" du ralliement à Sarkozy
LA LONDE-DES-MAURES (AFP) — Le Nouveau centre (NC, centristes alliés à l'UMP), officiellement créé au début de l'année, s'est félicité d'avoir réussi sa première université d'été, mais ses leaders cherchent encore à effacer le "péché originel" du ralliement à Nicolas Sarkozy.
"Il y avait près de 500 militants. Après neuf mois d'existence, avoir parcouru un tel chemin est exceptionnel", a estimé le ministre de la Défense et président du NC, Hervé Morin, arrivé samedi à la Londe-des-Maures (Var) près de Toulon.
A 75 km de là, François Bayrou, que M. Morin et les siens ont quitté en 2007 pour rejoindre Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle, réunissait sa propre université d'été.
"Nous avons 8.000 adhérents et 500 participants. Si avec 50.000 adhérents, il fait des universités d'été à 1.000, son fichier a des soucis", a ironisé M. Morin.
L'espace de 24 heures, sous le soleil et les pins parasols, le ministre a encouragé ses troupes à bâtir un parti "libéral", "social", "humaniste", "européen".
"On avait un péché originel, celui de refuser la stratégie de Bayrou. On a été vécus comme ceux qui allaient à la soupe. On n'a pas été capables d'expliquer la rupture. On a quatre ans pour bâtir nos idées", a estimé le président du NC.
Aux européennes de 2009, le NC envisage des listes avec son partenaire de l'UMP, en espérant voler de ses propres ailes aux régionales de 2010 et aux législatives de 2012.
Interrogé sur sa propre candidature à la présidentielle de 2012, M. Morin a dégagé en touche, sur le thème du "c'est trop tôt, chaque chose en son temps".
Dans son discours de rentrée samedi, il avait rappelé sa ligne stratégique: rassembler tous les centristes de l'ex-UDF --sauf M. Bayrou, qui s'est "inscrit dans l'opposition"-- pour que le NC pèse davantage dans le débat face à son partenaire de l'UMP.
"Il nous faut aussi bien travailler avec les réformateurs de l'UMP, qu'avec le parti radical de Jean-Louis Borloo, Jean-Marie Bockel ou les anciens centristes réunis autour de Pierre Méhaignerie", a-t-il détaillé, en recevant justement M. Bockel dans le Var.
Mais cette stratégie fait des vagues parmi les 24 députés NC. Pendant trois jours, le député-maire NC de Drançy (Seine Saint-Denis) Jean-Christophe Lagarde a dit tout le mal qu'il pensait des Réformateurs de l'UMP, emmenés par le libéral Hervé Novelli.
"On n'a pas vocation à habiter dans la même maison", a estimé l'élu de Seine-Saint-Denis, qui déplore que "la majorité ait été tirée parfois par sa fraction la plus libérale" depuis l'élection de Nicolas Sarkozy.
Le NC a aussi reposé la question de son éventuel changement de nom en Solide (pour Social, libéral et démocrate). "J'ai des interrogations. On va faire un test", a indiqué M. Morin.
M. Morin a enfin encouragé ses troupes à ne pas faire de "l'opposition dans la majorité", tout en s'interrogeant à voix haute sur certains contenus du fichier de renseignement Edvige, qui suscite un tollé dans l'opposition et parmi les associations.
"Il n'a pas rompu la solidarité gouvernementale. On arrive à être dans la majorité sans être des béni-oui-oui", se félicite Manon Fouquet, 30 ans, conseillère municipale Nouveau Centre à Ballan-Miré (Indre-et-Loire), qui conclut: "on retrouve nos valeurs de l'UDF".













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